Violence verbale au travail, que faire ?

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2019

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Violence verbale au travail, que faire ?

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Accès de colère où le ton monte, consignes « aboyées », dénigrement, propos vexatoires, ton méprisant, injures, menaces… La violence verbale, très répandue dans le monde du travail, peut prendre des formes différentes. Elle n’en demeure pas moins punie par la loi et n’a pas sa raison d’être.

En tant que subalterne, ce n’est pas de l’insoumission de refuser de vous laisser houspiller ou injurier. Cette violence est une source de souffrance, elle peut avoir des répercussions sur votre santé, vous avez raison de réagir.

Voici que faire en cas de violence verbale.

Zoom sur la violence verbale

On peut identifier un cas de violence verbale lorsqu’une personne, l’agresseur, en attaque verbalement une autre, la victime.

La violence verbale peut s’exprimer de différentes façons :

  • cris ;
  • ton agressif ;
  • injections autoritaires ;
  • interrompre sans cesse une personne, ne pas la laisser s’exprimer ;
  • propos méprisants ou vexants ;
  • critiques récurrentes et infondées ;
  • chantages ou menaces.

Les conséquences et la sanction de la violence verbale vont dépendre des circonstances, de la qualité de l’agresseur et de la victime, ainsi que de son caractère isolé ou répété.

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1. Réagissez immédiatement en cas de violence verbale

Si vous êtes victime de propos déplacés ou agressifs, ne laissez pas faire votre interlocuteur. Essayez de désamorcer la situation et de faire cesser immédiatement la violence.

Pour faire prendre conscience à l’auteur de la violence verbale qu’il va trop loin, éloignez-vous physiquement en exprimant ce que vous ressentez.

Si la violence se répète de la part d’une même personne, demandez à lui parler en face-à-face :

  • citez les faits ;
  • exprimez ce que vous ressentez ;
  • exposez les conséquences que la violence verbale a sur vous et votre travail : « je ne travaille plus en sécurité, je suis moins attentif car je suis stressé par la peur de vos éclats de voix, etc. » ;
  • recherchez avec lui un engagement dans une solution pour sortir de ce mode relationnel ;
  • expliquez que si la situation n'évolue pas, vous serez dans l'obligation d'en parler à votre supérieur et aux représentants du personnel.

2. Faites valoir le devoir de protection de votre employeur en cas de violence verbale

L’employeur est responsable de la santé physique mais aussi morale de ses salariés selon l’article L. 1152-4 du Code du travail. Il lui appartient de prévenir la violence verbale mais aussi de la sanctionner si nécessaire, car elle agit sur l’ambiance collective du travail et peut dégénérer en harcèlement.

Si malgré vos tentatives, vous êtes toujours victime de violences verbales de la part de l'un de vos collègue ou supérieur :

  • Repérez et listez les actes de violence verbale (leur banalisation peut les rendre identifiables : conservez le mail injurieux, relevez les agressions qui ont eu lieu en public, etc.) et faites-vous des alliés qui seront prêts à témoigner (ils sont souvent eux-mêmes victimes des même écarts de conduite).
  • Protégez-vous, demandez conseil à vos représentants du personnel ou à un syndicat et demandez-leur, éventuellement, de vous assister dans votre démarche.
  • Demandez un entretien à votre supérieur hiérarchique, à son propre supérieur ou au responsable des ressources humaines :
    • exposez les faits, apportez les preuves ;
    • parlez de l’impact que cette violence a sur vous ;
    • demandez à votre employeur de trouver une solution pour vous protéger et éviter toute répétition de ce type de comportement.

3. Dénoncez votre employeur si celui-ci a recours à la violence verbale

La violence verbale peut être un outil de management préconisé pour créer une ambiance délétère et des départs volontaires.

Soyez prudent, il est difficile de se plaindre auprès de son employeur quand c’est lui qui est fautif.

  • Passez par vos représentants du personnel et le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) : ils feront une enquête.
  • Consultez la médecine du travail, elle a un rôle de protection.
  • Avertissez, avec vos représentants du personnel, l’inspection du travail de cette pratique managériale.

Sachez, si vous êtes victime de harcèlement et si vous ne souhaitez pas rester au sein de votre entreprise, que vous pouvez démissionner ou prendre acte de la rupture de votre contrat de travail si vous considérez que les faits de votre employeur sont tellement graves qu’ils ont empêché la poursuite de votre contrat de travail.

Vous devrez ensuite faire constater aux prud’hommes votre prise d’acte de la rupture ou, si vous avez démissionné, vous pourrez faire requalifier votre démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Quelle que soit la situation, si les torts de votre employeur sont reconnus devant les conseillers prud'hommes, celui-ci devra vous indemniser.

4. Gérez la violence verbale inhérente à votre métier

Si la violence verbale est un risque de votre métier car vous êtes en relation avec une clientèle (personnels d'accueil, huissiers, éducateurs, soignants, agents de sécurité, agents bancaires, etc.), agissez en conséquence :

  • Faites remonter, à votre employeur ou au service des ressources humaines, les incivilités ou violences verbales que vous subissez.
  • Demandez l'inscription de ces risque d’agression et de violence verbale dans le document unique (DU) d’évaluation des risques.
  • Demandez une réorganisation des conditions et de l'organisation du travail qui sont sources de ces violences.
  • Demandez à être formé à la gestion des risques de violences en relation clientèle.
  • Demandez la mise en place d’un lieu de parole pour évoquer ces situations de violence en groupe.

5. Saisissez la justice si vous ne parvenez pas à faire cesser la violence verbale

Saisissez le conseil des prud’hommes

Le conseil des prud'hommes peut être saisi dans les 5 ans à partir du jour où vous avez eu connaissance des faits à l'origine de votre action. Présentez-vous devant le bureau de conciliation et d'orientation ou faites une requête.

Selon votre situation, vous pourrez :

  • obliger votre employeur à s’acquitter de son devoir de protection à votre égard ;
  • demander la résiliation judiciaire de votre contrat de travail (ou prise d’acte de rupture ou requalification de votre démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse).
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Déposez une plainte

Si une infraction ou un délit est caractérisé, vous pouvez déposer plainte pour obtenir la réparation de votre préjudice sous forme de dommages et intérêts :

  • à la une gendarmerie ou dans un commissariat de police ;
  • directement auprès du procureur de la République dont dépend le lieu où les faits se sont déroulés, en déposant une lettre de plainte sur papier libre au tribunal de grande instance dans les 3 ans à partir du jour de l'infraction.
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