Badgeuse

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2019

Sommaire

Parmi les systèmes de pointage, il existe différents types de pointeuses : pointeuse mécanique ou numérique, badgeuse, pointeuse mobile et pointeuse biométrique. La feuille de pointage constitue l'enregistrement papier ou numérique des données.

Badgeuse : une évolution technologique de la pointeuse

La pointeuse est un dispositif qui enregistre le temps travaillé et imprime son décompte sur tout support matériel papier ou carton.

Ce système de pointage est simple d'utilisation mais présente deux inconvénients :

  • le support est fragile ;
  • il nécessite le traitement manuel des informations.

La badgeuse a été inventée pour y remédier :

  • le carton de pointage est remplacé par un badge : le plus souvent une carte (format carte de crédit) en plastique rigide ;
  • traitement des données automatisé et informatisé.

D'un point de vue légal, la badgeuse permettant à une entreprise de connaître l'identité des salariés et leur heure d'entrée chaque jour doit respecter certaines règles : une déclaration auprès de la CNIL et la consultation des instances représentatives du personnel. C'est ce qu'a rappelé la Cour de cassation dans un arrêt du 2 novembre 2016. À défaut, le système est illicite et les informations qui en résultent ne peuvent pas être produites en justice (à l'appui d'un licenciement par exemple). 

Fonctionnement et performances de la badgeuse

Le pointage par badgeuse met en œuvre des badges, un terminal et un système d'exploitation des données recueillies.

La badgeuse est un système de pointage qui associe trois éléments : un badge, un terminal et un système d'exploitation :

Badgeuse : fonctionnement
Éléments Description Fonctionnement
Badge Objet mobile et portable : carte, porte-clés ou téléphone portable.
  • Comporte une piste magnétique ou une puce où sont enregistrés (au minimum) les nom et prénom de celui à qui il est attribué.
  • Son contact – par passage/frottement – contre le terminal déclenche ou clôt le décompte du temps de travail.
Terminal Il s'agit le plus souvent d'un boîtier fixé au mur à l'entrée des locaux de travail. Comporte :
  • un lecteur qui réagit au passage du badge et procède au pointage ;
  • une horloge électronique ;
  • une puce qui enregistre et stocke les données horaires du pointage ainsi que tous les événements s'y rapportant : oublis, entrées/sorties, absences, etc.
Système d'exploitation
  • Logiciel de pointage qui traite les données du pointage stockées par le terminal.
  • Installé dans un ordinateur : celui de l'employeur ou d'un membre du service du personnel de l'entreprise.
Le transfert des données du terminal vers le système d'exploitation se fait :
  • manuellement (par clé USB prélevant les données sur le terminal et les introduisant dans l'ordinateur) ;
  • ou automatiquement (par câble Ethernet ou émetteur WiFi dans ou à proximité du boitier).

Badgeuse : un environnement technologique adapté

Le pointage par badgeuse crée un environnement technologique que l'employeur doit financer, organiser et maîtriser.

L'acquisition d'une badgeuse – associée à un logiciel – doit correspondre à un choix réfléchi de l'employeur de façon à ce que l'environnement technologique issu de la mise en place de ce système de pointage soit complètement :

  • budgété et tous les postes de dépenses prévus et justement évalués ;
  • maîtrisé par les utilisateurs afin de tirer parti de toutes les fonctions et applications ;
  • accepté par le personnel utilisateur et/ou pointeur.
Pointage et employeur
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Limites de la badgeuse

Un salarié peut badger pour un autre. Aussi, quand l'effectif de l'entreprise est important, la badgeuse nécessite une certaine surveillance. De plus, les badges s'oublient ou se perdent facilement, ce qui nécessite de pouvoir en produire entrer le pointage sans badge, d'une part, de pouvoir créer aisément de nouveaux badges.

Pour ces raisons, certaines grosses organisations peuvent préférer l'identification biométrique. Le 10 avril 2018, la CNIL a précisé sa doctrine pour mieux encadrer les systèmes d’authentification biométrique utilisés par des particuliers dans leur vie quotidienne et inciter les professionnels à veiller à ce que les technologies utilisées garantissent la protection des données personnelles. Dans un règlement type (délib. CNIL 2019-001 du 10 janvier 2019), elle y intègre les principes consacrés par le règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur le 25 mai 2018. Ces règles sont les suivantes :

  • justifier d'un besoin spécifique ;
  • après information, laisser la personne libre d’y recourir ou de choisir un dispositif alternatif ;
  • maintenir les données biométriques sous le contrôle exclusif de la personne concernée ;
  • réaliser une analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD).