Changement des conditions de travail

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2019

Sommaire

Durant la relation de travail, l’employeur peut avoir besoin de modifier les conditions d'emploi du salarié. Selon que cette modification affecte les conditions de travail ou au contraire, un élément essentiel du contrat de travail, la procédure applicable est différente. De même, les règles varient selon que la décision de l’employeur affecte un salarié protégé ou non protégé.

Changement des conditions de travail : qu'entend-on par « conditions de travail » ?

Il n’existe pas de liste légale distinguant les éléments touchant à la modification du contrat de travail et ceux touchant au changement des conditions de travail. La distinction s’est donc construite au fur et à mesure, via les jurisprudences.

Étudions les éléments les plus couramment affectés : le lieu de travail, les attributions, les horaires de travail.

Le lieu de travail

En l’absence de clause de mobilité, la mutation du salarié dans un même secteur géographique constitue un simple changement des conditions de travail et non une modification du contrat.

La nature de la modification (conditions de travail ou contrat de travail) est déterminée par le secteur géographique. Il n’existe pas de définition légale du secteur géographique. Dès lors, pour définir le secteur géographique, les juges tiennent compte non seulement du critère de la distance entre la nouvelle et l’ancienne affectation, mais aussi du temps de trajet et des moyens de transport.

Les attributions

L’affectation du salarié à un nouveau poste constitue un simple changement des conditions de travail si ce changement ne modifie pas son degré de subordination à la direction générale, sa rémunération, sa qualification et son niveau hiérarchique (Cass. soc., 10 octobre 2000, n° 98-41.358).

De même, l’employeur ne fait qu’user de son pouvoir de direction lorsqu’il fait évoluer les tâches exercées par le salarié, peu importe qu’elles soient différentes de celles effectuées antérieurement, dès l’instant où elles correspondent à sa qualification (Cass. soc., 29 novembre 2007, n° 05-42.004).

Les horaires de travail 

Le changement des horaires de travail, qui consiste dans une nouvelle répartition des heures de travail au sein de la journée, n’est qu’un changement des conditions de travail dès lors que la durée du travail et la rémunération restent identiques (Cass. soc., 9 avril 2002, n° 99-45.155).

De même, la modification de la cadence de travail constitue un simple changement des conditions de travail en l’absence d’une quelconque répercussion sur la rémunération ou le temps de travail des salariés (Cass. soc., 20 octobre 2010, n° 08-42.805).

Au contraire, ne constituent pas un changement des conditions de travail mais une modification du contrat de travail :

  • le passage d’un horaire de jour à un horaire de nuit ;
  • le passage d’un horaire fixe à un horaire variable ;
  • une nouvelle répartition de l’horaire de travail privant le salarié du repos dominical.

L’employeur peut-il imposer le changement des conditions de travail ?

Il est nécessaire ici de distinguer selon que le salarié concerné est un salarié protégé ou non.

Si le salarié concerné est un salarié non protégé

Contrairement à la modification du contrat de travail, le changement des conditions de travail relève du pouvoir de direction de l’employeur. Dès lors, il n’est pas nécessaire pour l’employeur d’obtenir l’accord du salarié.

En pratique, si le salarié refuse le changement des conditions de travail proposé par l’employeur, il s'expose à des sanctions disciplinaires. Ces sanctions peuvent aller jusqu'au licenciement pour cause réelle et sérieuse.

Toutefois, le salarié conserve le versement des indemnités de licenciement et de préavis. En effet, selon la Cour de cassation, le refus du salarié de changer ses conditions de travail ne constitue plus à lui seul une faute lourde ou grave. Ainsi, un salarié qui refuse la modification de son lieu de travail alors que son contrat contient une prime de mobilité, ne commet pas une faute lourde mais uniquement un manquement à ses obligations contractuelles.

Si le salarié concerné est un salarié protégé

La situation du salarié protégé est différente du salarié non protégé. En effet, l’employeur ne peut modifier les conditions de travail d'un salarié protégé sans avoir préalablement obtenu son accord. Il est dès lors nécessaire d’obtenir l’accord du salarié de manière non équivoque, par un écrit.

Si le salarié protégé refuse le changement de ses conditions de travail, l’employeur a 3 possibilités :

  • soit il renonce au changement envisagé et poursuit le contrat selon les modalités antérieures ;
  • soit il décide d’entamer une procédure de licenciement. Toutefois ce licenciement ne peut être envisagé que pour un motif autre que le refus et nécessite l’autorisation de l'inspection du travail ;
  • soit il propose au salarié une rupture conventionnelle, cette rupture devant elle aussi être soumise à autorisation de l'inspection du travail.
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