Démission pour formation

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2019

Sommaire

Le salarié est libre de démissionner de son contrat de travail à condition de respecter un certain formalisme. En principe, suite à cette démission, le salarié ne bénéficie pas de l'allocation de retour à l'emploi (ARE).

Il existe toutefois des dispositions particulières en cas de démission pour formation. En effet, dans certains cas, la démission du salarié qui souhaite suivre une formation peut être considérée comme légitime. Par ailleurs, le salarié qui démissionne peut demander l'utilisation de ses heures de formation acquises au titre du compte personnel de formation (le CPF).

Démissionner de manière légitime

La démission légitime d’un salarié a pour particularité d’ouvrir le droit aux allocations chômage alors que, en principe, seule une perte involontaire de travail permet le bénéfice de ce droit.

Il existe plusieurs cas de démissions considérées comme légitimes par Pôle emploi.

Toutefois, le cas qui nous intéresse en l’espèce est celui du salarié qui démissionne pour suivre une formation. En effet, la démission du salarié est considérée comme légitime si :

  • elle est justifiée par l'entrée dans une formation qualifiante après avoir démissionné d'un contrat aidé. Ce contrat aidé peut être :
  • elle est justifiée par une entrée en formation, qualifiante ou non, après avoir démissionné d'un contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI). En effet, le CDDI peut être rompu avant son terme, à la demande du salarié, pour lui permettre de suivre une formation conduisant à une qualification.
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Utiliser son compte CPF après une démission pour formation

Utiliser ses droits de CPF durant son préavis de démission

Un salarié engagé dans une procédure de démission, qu’elle soit légitime ou non, peut demander à bénéficier de tout ou partie de ses droits crédités sur son compte personnel de formation (CPF). Pour en bénéficier pendant son préavis, le salarié doit toutefois en faire la demande auprès de son employeur avant l’expiration de son préavis (article L. 6323-17 du Code du travail).

Les droits acquis au titre du CPF doivent permettre au salarié de financer tout ou partie de formations dont l'objectif est :

  • d'acquérir un socle de connaissances et de compétences ;
  • de valider des acquis d'expérience (VAE) ;
  • de suivre des formations qualifiantes.

La loi Travail n° 2016-1088 du 8 août 2016  a étendu le champ des formations éligibles au CPF. Ainsi, les actions permettant d'évaluer les compétences d'une personne (avant ou après une formation) suivantes sont éligibles au CPF : 

  • actions de formation permettant de réaliser un bilan de compétences ;
  • actions de formation dispensées aux créateurs ou repreneurs d'entreprises ;
  • actions de formation permettant aux bénévoles et aux volontaires en service civique d'acquérir les compétences nécessaires à l'exercice de leurs missions ;
  • préparation de l'épreuve théorique du Code de la route et de l'épreuve pratique du permis B, si l'obtention du permis de conduire contribue à la réalisation d'un projet professionnel et si le demandeur ne fait pas l'objet d'une suspension de son permis de conduire ou d'une interdiction de solliciter un permis de conduire.

Si le salarié démissionnaire souhaite utiliser ses droits de formation avant la fin de son préavis, il doit, comme tout autre salarié, établir sa demande par écrit en indiquant les informations relatives à la formation qu’il souhaite effectuer (contenu, durée, coût, etc.).

L’employeur dispose alors d’un mois pour répondre. Il doit ensuite prendre en charge la totalité des frais liés à cette formation : les coûts pédagogiques et les frais annexes comme le transport, l’hébergement, les repas, etc.

L'employeur peut refuser la demande de CPF du salarié démissionnaire si :

  • l’objet de la demande ne concerne pas une action de formation, une VAE ou un bilan de compétences ; ou
  • si la demande n’a pas été faite avant la fin du préavis.

Utiliser ses droits de CPF chez un nouvel employeur

Les droits à la formation acquis sur le compte personnel de formation sont transférables dans leur intégralité sans conditions. Un salarié qui change d'employeur conserve ainsi la totalité des droits de formation acquis sur le CPF. 

Par conséquent, tout salarié conserve son droit à la formation pendant toute la durée de sa carrière. Les droits à la formation cumulés ne sont pas perdus en cas de changement d'employeur. 

Utiliser ses droits de CPF durant son chômage

Les demandeurs d'emploi ne cumulent plus de droits de formation sur leur CPF pendant leur période de chômage mais ont la possibilité d'utiliser les droits déjà cumulés sur leur compte.

Si ces droits sont suffisants pour suivre une formation, le projet de formation du demandeur d'emploi peut être validé au titre du projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) pour bénéficier d’un financement.

Il convient alors de faire une demande écrite à Pôle emploi. Néanmoins, le demandeur d'emploi peut utiliser son compte personnel de formation sans l’accord de Pôle emploi dès lors que la formation qu’il souhaite suivre est éligible au CPF et qu’il bénéficie de droits suffisants sur son compte. La formation du demandeur d'emploi est prise en charge par France compétences.

Les formations éligibles au CPF pour les demandeurs d'emploi sont celles qui sont regroupées sur une liste unique depuis le 1er janvier 2019.

Comparaison du CPF et du DIF

Le CPF a remplacé le DIF le 1er janvier 2015. Le compte personnel de formation se veut plus intéressant que le DIF pour les salariés.

Voici les principales différences entre le CPF et le DIF :

Comparaison du compte personnel de formation et du droit individuel de formation
CPF (compte personnel de formation) DIF (droit individuel de formation)
Droit à la formation attaché à la personne. Droit à la formation attaché au contrat de travail.
Les droits accumulés ne sont pas perdus en cas de changement de contrat de travail ou de perte d'emploi. Dès que le salarié quitte un emploi il perd les heures acquises au titre du DIF.

Plafonné à 5 000 € (8 000 € pour les salariés non qualifiés).

Bon à savoir : avant la transformation du CPF en euros, celui-ci était plafonné à 150 heures.

Plafonné à 120 heures.

Connaître le solde des droits de CPF acquis par le salarié

En principe, les droits acquis par un salarié démissionnaire sont mentionnés sur le dernier relevé remis chaque année par l’employeur ou sur le bulletin de salaire mensuel. Le solde de droits de formation figure une fois par an, au mois de janvier, sur le bulletin. Selon les logiciels de paie, ce solde peut apparaître tous les mois. 

Depuis le 5 janvier 2015, il est également possible de consulter les droits de formation sur le compte personnel de formation du salarié démissionnaire accessible via le site www.moncompteactivite.gouv.fr.  

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