Abandon de poste

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en septembre 2019

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Lorsqu'on travaille, il est possible d'abandonner son poste pour des raisons personnelles. Pour certains toutefois, cette pratique est surtout une façon efficace de quitter son emploi tout en ayant le droit de toucher une allocation chômage. Mais quelles sont réellement les conséquences d'un abandon de poste ? Avant de prendre votre décision, lisez attentivement notre article.

Abandon de poste : définition

Contrairement à ce que l’on pense, l'abandon de poste ne se fait pas du jour au lendemain. En effet, le fait de quitter brusquement votre emploi, sans justification et sans l'accord de votre l'employeur, n’est reconnu comme un abandon de poste qu’au bout de 3 à 4 jours. Avant cela, votre employeur doit d’abord laisser passer 1 à 2 jours d’attente pour vérifier s’il ne reçoit pas un arrêt maladie.

Une fois ce délai passé, le chef d'entreprise envoie une ou plusieurs lettres de mise en demeure afin de vous demander de justifier au plus vite votre absence et de reprendre immédiatement votre travail. Face à votre silence, la décision de vous licencier va s'imposer à lui.

Votre employeur ne doit en aucun cas vous considérer comme démissionnaire. Toute démission doit être claire et non équivoque et ne peut se déduire d'une absence injustifiée. Dans le cas contraire, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes et obtenir la requalification de la rupture en licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse (Cass. soc., 13 décembre 2006, n° 05-44.541).

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Conséquences de l'abandon de poste

Quelle est l'incidence d'un abandon de poste sur la rémunération ?

A priori, si vous quittez ainsi votre poste, vous ne vous souciez que très peu d’avoir perdu votre emploi car cela est même l'effet recherché. Toutefois, sachez que :

  • vous ne percevez aucune rémunération jusqu’à la fin de la procédure de licenciement éventuellement entamée ;
  • vous n'avez pas le droit de travailler dans une autre entreprise tant que la procédure de licenciement n'est pas finalisée, d'autant plus si votre contrat de travail contient une clause d'exclusivité ou de non-concurrence ;
  • vous ne pouvez pas vous inscrire auprès de Pôle emploi tant que le licenciement n'est pas notifié.

Quel motif de licenciement peut être retenu à l'encontre d'un salarié qui abandonne son poste ?

L'abandon de poste est considéré par la jurisprudence comme une cause réelle et sérieuse de licenciement. La Cour de cassation reconnaît même parfois qu'il constitue une faute grave du salarié, justifiant la rupture immédiate du contrat de travail (Cass. soc., 23 janvier 2008, n° 06-41.671).

Votre employeur dispose d'un délai de 2 mois, à compter de la date à laquelle il a pris connaissance de l'absence, pour vous sanctionner (article L. 1332-4 du Code du travail). Néanmoins, pour pouvoir retenir la faute grave, votre employeur doit agir rapidement. Ainsi, si l'employeur souhaite retenir la faute grave et vous privez de vos indemnités de rupture, il ne doit pas volontairement laisser traîner la procédure. 

La procédure de licenciement applicable est la suivante :

Si votre employeur retient à votre encontre une faute sérieuse (faute simple), alors vous percevez une indemnité de licenciement. S'il retient la faute grave, aucune indemnité de licenciement ne vous est versée sauf en présence de dispositions conventionnelles (contractuelles ou usuelles) et le licenciement est immédiat, ce qui signifie que vous ne bénéficiez d'aucun préavis.

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Abandon de poste et allocations chômage

Selon l’article 2 du règlement général annexé à la convention d’assurance chômage du 6 mai 2011, repris dans la convention d'assurance chômage du 14 mai 2014 et dans celle du 14 avril 2017, Pôle emploi ne distingue pas les motifs de licenciement.

Par conséquent, en cas de licenciement et ce, quel qu'en soit le motif, vous pouvez percevoir des allocations au titre de l'assurance chômage si vous en remplissez les conditions d'attribution, à savoir : justifier de 88 jours ou de 610 heures de travail (ce qui correspond à 4 mois de travail) au cours des 28 derniers mois pour les moins de 53 ans, ou au cours des 36 derniers mois pour les plus de 53 ans.

Abandon de poste : risques judiciaires

Dans des cas très rares, et si l’abandon de poste a eu de grosses répercussions sur l’entreprise, l’employeur peut engager un contentieux à votre encontre. Toutefois, pour pouvoir le faire, il doit démontrer l’importance des préjudices causés par votre abandon.

Si vous faites partie d'une petite ou moyenne entreprise, par exemple, et que votre activité est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme, l'employeur est en droit d'engager des poursuites contre vous et solliciter des dommages et intérêts.

Aussi dans la rubrique :

Rupture côté employeur

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Licenciement

Licenciement pour absence injustifiée Jours de carence et licenciement Licenciement prud'hommes Licenciement pour faute Entretien préalable au licenciement Convocation à un entretien préalable de licenciement pour faute grave ou lourde Licenciement sans préavis Licenciement pour insuffisance professionnelle Licenciement pour cause de liquidation judiciaire Contestation d’un licenciement injustifié auprès de l’employeur Lettre de licenciement Incompatibilité d'humeur au travail Contrat de sécurisation professionnelle Licenciement pour inaptitude Plan de sauvegarde de l'emploi Cif et licenciement Licenciement économique individuel Licenciement d'une femme enceinte Demande de convocation en audience de conciliation des prud'hommes pour licenciement abusif Transaction suite à licenciement Lettre de licenciement pour faute grave ou lourde Licenciement CESU Licenciement pour maladie Licenciement pour restructuration Licenciement pour insubordination Conséquences du licenciement sur la protection sociale Formalités licenciement CPF et licenciement Lettre de licenciement remise en main propre Contestation du licenciement économique Convocation à l'entretien préalable de licenciement Licenciement suite à un accident du travail Licenciement en CDI Notification d’un licenciement économique Notification de licenciement pour abandon de poste Licenciement pour inaptitude médicale Droit du travail et licenciement Licenciement pour faute grave Indemnités de licenciement Après un licenciement Que faire en cas de faute grave d'un salarié ? Licenciement pour inaptitude avec danger immédiat Faute simple Nullité du licenciement Licenciement pour retard Licenciement injustifié Licenciement pour abandon de poste Contrat de travail : comment éviter d'avoir à faire son préavis ? Information de la DIRECCTE d'un licenciement économique de plus de 10 salariés Indemnité compensatrice de congés payés Indemnité supra légale Indemnité transactionnelle 7 recours pour faire face à un licenciement arbitraire Ordre des licenciements Rupture du contrat de travail Procédure en cas de licenciement économique Procédure licenciement Reclassement Licenciement pour absences répétées Licenciement pour faute lourde Droits des salariés lors d'un licenciement économique Licenciement d'un salarié protégé Demande de dispense de tout ou partie du préavis Indemnités de licenciement imposables Préparer son entretien de licenciement Licenciement avec transaction Licenciement pour vol Préavis licenciement Contester un licenciement Refus de travailler Notification à la DIRECCTE d’un licenciement économique de 1 à 9 salariés Inaptitude totale Licenciement pour maladie professionnelle Licenciement économique collectif Licenciement économique Motif licenciement

Plan de départ volontaire

Plan de départ volontaire

Rupture pendant la période d'essai

Délai de prévenance